Je pleure des larmes d'encres sur une feuille blanche. Il y a longtemps qu'elles n'avaient pas coulé. Un nordique habitué aux froids polaires, dans le méridion ne se lamente pas. Ici, il est loin le passé, il est loin ce gel qui s'était installé. La chaleur du soleil, la chaleur des gens, la chaleur locale ont contribué à la fonte des glaces qu'il aurait fallu fenre pour atteindre de nouveau le coeur. Maintenant que l'hiver est lointain, que le printemps a bien fleuri, voici finalement les fruits de l'été sur les étalages du marché. Le soleil a transformé le glacier en un torrent. C'est un torrent de passions, de joies et de hontes.
Malheureusement c'est dans l'eau que se diluent les poisons, que se développent les fletrissures. Les toxines au départ semblent une merveille, en tant que premiers éléments étrangers à avoir traversé la carapace de gel, accueillies comme toute autre nouveauté, les effets néfastes sont encore loin. Ensuite le coeur se plait, tant de détails... Bienvenus dans ma prison dorée, plus belle et chaude que ma prison précédente, ma prison glacée. Je ne sais pas encore laquelle je préfère.
La chaleur, la passion, la découverte, tout est beau, mais c'est en enfer qu'il fait chaud.
Et je sais que je vais souffrir.
C'est inévitable
J'ai eu la faiblesse de me laisser aller
Il faut que je retrouve mon froid naturel
C'est le seul moyen de survivre